Ce que j’aurais aimé savoir avant la Piscine de 42
Un mois intense, souvent difficile, mais incroyablement formateur.
Photo : Mont des Arts, Bruxelles — Jennifer / LupaLunaris
Avant de commencer la Piscine de 42, j’étais franchement stressée. Je venais d’une formation de professeur d’éducation physique, je travaillais dans ce domaine et, niveau programmation, j’étais débutante complète.
Ce qui m’attirait dans 42, c’était justement son côté non conventionnel : pas de cours classiques, beaucoup d’autonomie, l’apprentissage par les projets et surtout le défi. J’avais envie de voir jusqu’où je pouvais aller dans un domaine qui n’avait rien à voir avec ce que j’avais fait jusque-là.
Avant la Piscine, j’avais essayé de me préparer : un cours sur OpenClassrooms, quelques vidéos YouTube, pas mal de recherches. Honnêtement, ça ne m’avait pas vraiment préparée à ce qui m’attendait.
« Sortir de sa zone de confort, c’est souvent là que les plus belles choses commencent. »
Ce que j’aurais aimé trouver, ce n’était pas une liste de cinquante commandes à apprendre par cœur. J’aurais surtout voulu lire le retour de quelqu’un qui me dise à quoi ressemble vraiment ce mois quand tu pars de zéro.
Pourquoi j’ai tenté 42
Il y a des moments où l’on sent qu’il est temps d’ouvrir une nouvelle page. J’avais besoin d’un défi, de me recentrer sur un apprentissage concret et stimulant.
42 cochait beaucoup de cases : une pédagogie différente, pas de profs, pas de cours magistraux, juste des projets, une communauté et une grande liberté dans la façon d’apprendre.
Je voulais voir jusqu’où je pouvais aller, découvrir un domaine qui me faisait vraiment curiosité et me prouver que j’étais capable d’apprendre quelque chose de complètement nouveau. La Piscine de 42 a été ce déclencheur.
Un mois qui commence bien avant d’arriver sur le campus
Pendant la Piscine, je dormais chez mes parents environ 80 % du temps parce que c’était plus proche de Bruxelles.
« Plus proche », dans mon cas, voulait quand même dire environ quatre heures de trajet par jour entre Verviers et Bruxelles. Si j’étais partie de chez moi, j’aurais plutôt tourné autour de six heures. Sans compter les retards de train, évidemment.
Je faisais minimum huit heures sur place. Je travaillais encore dans le train et parfois à la maison. Il fallait aussi m’occuper de Taz, manger, dormir et essayer de garder un semblant de rythme normal.
C’était extrêmement fatigant. 42 Belgium décrit la Piscine comme quatre semaines intensives et immersives à temps plein : dans mon cas, ce mot « intensif » n’avait rien d’exagéré.
Ce qui m’a le plus surprise
L’intensité du rythmeLes modules, les corrections, les projets, les trajets… on a vite l’impression d’être toujours en retard.
Le niveau très variable des participantsCertains partent de zéro, d’autres ont déjà des bases. Se comparer en permanence peut vraiment faire douter.
La difficulté n’est pas seulement techniqueIl faut gérer la frustration, la fatigue, les échecs et le sentiment d’être complètement perdue.
L’importance des autresL’entraide, les corrections et les discussions font partie de l’apprentissage.
Le sentiment d’être à la traîneLes examens remettent souvent les choses en perspective : valider vite et comprendre sont deux choses différentes.
Tu n’as pas besoin de savoir coder avant la Piscine
C’était probablement l’une de mes plus grosses inquiétudes avant de commencer. J’avais l’impression que les autres allaient forcément arriver avec des bases que je n’avais pas.
42 Belgium indique qu’aucune expérience préalable en programmation n’est nécessaire. Avoir déjà touché au terminal ou au C peut rendre les premiers jours un peu moins déroutants, mais ça ne fait pas la Piscine à ta place.
Si j’avais quelques jours devant moi aujourd’hui, je regarderais simplement les commandes de base dans un terminal, un peu de Bash, à quoi servent Git et GitHub, et les toutes premières notions du C.
« Comprendre moins vite vaut mieux que valider sans comprendre. »
Tu vas probablement te sentir en retard
Tout le monde n’arrive pas avec le même bagage. Certains découvrent le code. D’autres étudient déjà l’informatique. Certains ont bricolé des projets pendant des années.
Quand tu regardes les niveaux, les points, l’XP ou simplement le nombre de projets validés, tu peux très vite avoir l’impression d’être complètement à la ramasse.
Puis arrivent les examens. Et là, tu vois mieux la différence entre avoir validé quelque chose et savoir le refaire seul. C’est là que j’ai commencé à reprendre confiance.
Tricher pour aller plus vite ne paie pas vraiment
À 42, il est très facile de confondre « mon exercice passe » avec « j’ai compris ».
La correction automatique peut accepter ton code. Ça ne veut pas dire que tu serais capable de l’expliquer, de le refaire ou de reconnaître le même raisonnement ailleurs. Et pendant un examen, ça finit par se voir.
Lire de la documentation ou demander comment quelqu’un a réfléchi fait partie de l’apprentissage. Copier une solution uniquement pour débloquer le niveau suivant, c’est autre chose.
Demander de l’aide n’est pas un échec
Au début, j’étais assez timide. Aller voir quelqu’un qu’on connaît à peine pour lui dire « je ne comprends rien à ça, tu as fait comment ? » n’est pas forcément très naturel.
Mais on comprend vite qu’il ne faut surtout pas rester bloqué plusieurs heures juste par fierté. Tu testes. Tu cherches. Tu lis. Tu essaies encore. Puis, quand tu n’as vraiment plus de piste, tu demandes.
Nous étions surtout un groupe de trois à travailler en parallèle. On venait aux mêmes heures, on communiquait beaucoup, on s’expliquait des morceaux de code, on débattait sur certaines solutions. On s’est énormément motivés les uns les autres.
Parfois, le meilleur truc à faire est de quitter l’écran
Tu lis le sujet. Tu ne comprends rien. Tu testes. Ça rate. Tu recommences. À un moment, ton cerveau ne cherche même plus vraiment : il tourne en boucle.
Et puis tu vas boire un café, manger quelque chose, prendre l’air. Tu reviens, et la piste qui n’existait pas vingt minutes plus tôt devient soudain évidente.
J’ai aussi vu des personnes faire des nuits entières. Sur le moment, elles gagnaient peut-être quelques heures. Ensuite, elles pouvaient mettre plusieurs jours à retrouver un rythme correct.
Ce que je préparerais vraiment aujourd’hui
- Accepter que tu vas échouer. Un retry ou un mauvais examen ne veut pas dire que tu n’as rien à faire là.
- Libérer le plus possible les quatre semaines.
- Regarder quelques bases techniques : terminal, Git, Bash et bases du C.
- Ne pas rester bloqué uniquement par fierté.
- Faire des corrections et parler aux autres.
- Dormir et manger correctement.
- Ne pas mesurer ta valeur au tableau d’XP.
Et si tu rates ta première Piscine ?
J’ai réussi la mienne du premier coup et j’en suis très contente. Mais j’ai aussi un ami qui l’a faite deux fois. Et franchement, ce n’est pas grave.
Il est ressorti de sa deuxième tentative avec un très bon niveau et beaucoup plus d’assurance. Quand tu es en plein dedans, chaque échec prend des proportions énormes. Avec un peu de recul, ce n’est qu’une étape.
Ce que la Piscine m’a vraiment appris
Bien sûr, j’y ai appris du C, le terminal, Git et plein d’autres choses que je ne connaissais pratiquement pas avant.
Mais le truc qui me reste le plus n’est pas une commande.
C’est d’avoir compris que la sensation de « je n’y arriverai jamais » n’est pas une information très fiable.
À chaque nouveau problème, j’avais parfois l’impression d’arriver devant quelque chose de complètement hors de portée. Puis je cherchais, je ratais, quelqu’un me donnait une piste, je prenais l’air, je revenais, je testais encore.
Pas toujours. Pas parfaitement. Pas forcément aussi vite que la personne assise deux postes plus loin. Mais suffisamment pour continuer.
Si ta Piscine commence bientôt, c’est probablement ça que j’aurais aimé qu’on me dise : tu n’as pas besoin d’arriver en étant déjà développeur. Tu dois surtout être prêt à apprendre, à parler aux autres, à ne pas paniquer à chaque échec et à recommencer beaucoup de fois.
Avant une Piscine 42
Faut-il savoir coder avant la Piscine ?
Non. 42 Belgium indique qu’aucune expérience préalable n’est requise. Quelques bases de terminal, Git ou C peuvent juste rendre le démarrage moins dépaysant.
Combien d’heures faut-il travailler par jour ?
Je ne pense pas qu’il existe un chiffre magique. Dans mon cas, je faisais au moins huit heures sur place, auxquelles s’ajoutaient les trajets et du travail ailleurs.
Est-ce une compétition entre candidats ?
Officiellement, non. L’entraide fait partie du fonctionnement.
Que regarder avant de commencer ?
À mon avis : terminal, quelques commandes Bash, Git/GitHub et les bases du C. Mais surtout, organise tes quatre semaines et n’arrive pas en pensant que tu dois déjà tout savoir.
